Parcours PMA et rapport au corps : comment se reconnecter à soi ?
- fannylauregand
- 3 hours ago
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Au fil d'un parcours PMA, le corps des femmes est mis à rude épreuve. Il devient le lieu d'examens, de protocoles et de l’attente. Cela vient transformer la relation intime à soi et à son corps. Dans certains cas, cela peut même mener à une déconnexion progressive du corps. En consultation, j'entends régulièrement des femmes parler de leur corps comme d’un autre : "il ne suit pas, il ne répond pas, il ne fonctionne pas comme il devrait". Cette mise à distance n’est pas volontaire. Elle s’installe comme une réponse adaptative à une pression répétée. Explications.
Déconnexion du corps en PMA : une stratégie de survie
La déconnexion corporelle en PMA n’est pas un rejet de soi. C’est une stratégie de protection du système nerveux.
Lorsque l’intimité est médicalisée, que les examens sont intrusifs et que l’incertitude devient permanente, le corps apprend à réduire ce qui est perçu comme trop intense : sensations, émotions, vulnérabilité.
On ressent moins pour tenir. On se coupe pour avancer. On contrôle pour ne pas s’effondrer.
Cette dissociation permet souvent de traverser les étapes du parcours. Mais elle laisse aussi un sentiment diffus d’étrangeté : celui de ne plus habiter pleinement son corps.
PMA et système nerveux : un état d’alerte prolongé
Un parcours PMA n’est pas un stress ponctuel. C’est une succession de cycles — espoir, attente, déception, relance — qui maintiennent le système nerveux en vigilance continue.
Même lorsque tout semble calme extérieurement, le corps reste mobilisé intérieurement. Il anticipe, il guette, il se prépare. Cela peut se manifester de différentes manières : sommeil agité, tensions physiques, respiration courte, pensées permanentes, mâchoire crispée.
Stress, contrôle et fertilité : un cercle épuisant
Dans les parcours de PMA, le contrôle peut donner l’impression de reprendre la main.
Mais pour le système nerveux, le contrôle permanent est interprété comme un signal clair : le danger est toujours présent. Plus on surveille le corps, plus il se crispe. Plus on exige de lui, plus il se protège.
Ce cercle est fatigant et il maintient le corps dans un état d’urgence, alors même qu’il aurait besoin de récupération et de sécurité pour fonctionner de manière plus fluide.
Se reconnecter à son corps en PMA : une question de sécurité, pas de volonté
Refaire confiance à son corps prend du temps. C'est un chemin progressif. La confiance se reconstruit étapes. Cela peut passer par des moments répétés où le corps comprend qu’il peut relâcher la vigilance, ne serait-ce que brièvement.
Avant de redevenir un allié, le corps a besoin d’un climat intérieur plus sûr.

Cela commence souvent par des expériences qui peuvent paraître simples :
Sentir le poids du corps sur une chaise.
Laisser l’expiration s’allonger légèrement.
Remarquer qu’une tension se relâche sans avoir été forcée.
Ces ressentis positifs, répétés dans un cadre sécurisant, permettent au système nerveux de baisser la garde. Ils restaurent peu à peu le lien entre le corps et l’esprit.
Refaire alliance avec son corps
Lorsque le système nerveux sort progressivement de l’état d’alerte chronique, le corps n’est plus mobilisé en permanence pour se défendre. Il peut consacrer plus d’énergie aux fonctions de régulation, de récupération et d’adaptation.
Dans un parcours de fertilité, cet apaisement du terrain nerveux peut devenir un soutien réel : le sommeil se stabilise, les tensions s’allègent, les examens sont vécus avec moins de dissociation, le corps récupère mieux entre les étapes.
Cela vient créer des conditions plus favorables pour traverser le processus — physiquement et émotionnellement.
Exercices pour apaiser le système nerveux pendant un parcours PMA
Ces pratiques n’ont pas pour objectif de supprimer l’angoisse ni d’influencer un résultat médical. Elles visent à créer, jour après jour, des expériences de sécurité simples et reproductibles.
Respirer pour signaler la sécurité
Allonger doucement l’expiration permet au système nerveux de sortir progressivement de l’hypervigilance. Quelques minutes suffisent pour ressentir un premier relâchement.
Relâcher les zones de contrôle
La mâchoire, les épaules ou le ventre sont souvent des lieux de tension accumulée. Les mobiliser doucement, sans objectif de performance, envoie au corps un message de relâchement profond.
Retrouver des appuis corporels
Sentir les pieds sur le sol, le soutien d’un dossier, le contact des vêtements sur la peau. Ces repères simples ramènent dans le présent sans passer par l’émotion.
S’appuyer sur un lieu refuge intérieur
Un lieu réel ou imaginaire, associé à une sensation agréable plutôt qu’à une image parfaite. Un endroit sans attente, où le corps peut simplement être.
Votre corps fait de son mieux
Dans un parcours de PMA, le corps n’échoue pas. Il encaisse, il s’adapte, il protège.
Un corps tendu ou épuisé n’est pas un corps défaillant, c’est un corps soumis à une pression prolongée. Lui refaire confiance ne consiste pas à lui demander de réussir, mais à cesser de le voir comme un problème à résoudre.
Se reconnecter à son corps, c’est changer de posture. Passer du contrôle du corps à la coopération peut transformer la manière de traverser le parcours.



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